Dans votre milieu de travail, est-ce qu'il y a un outils qui ait une valeur particulière à cause de sa rareté? À ma shop, il y a les crayons à l'encre. Jusqu'à tout récemment, ils étaient rares comme de la marde de Pape (sans vouloir offenser les Catholiques ;). Quand on en trouvait un, il fallait s'arranger pour ne pas le perdre, parce qu'on en avait toujours besoin, mais on n'en trouvait jamais. Il y a quelques temps, un de mes collègues est parti travailler ailleurs. En ouvrant son coffre à outils, qu'est-ce que je trouve? Une bonne douzaine de crayons à l'encre! Puisqu'ils étaient rares, il s'en faisait une réserve qu'il cachait dans son coffre pour être certain de ne pas en manquer, augmentant ainsi leur rareté, augmentant sa peur d'en manquer, accentuant sa tendance à en faire des réserves... Vous voyez où je m'en vais comme ça? J'ai sorti les crayon de la réserve et je les mis à la disposition de tous. Eh bien! On ne manque plus de crayons à mon magasin!
J'en discutais avec ma soeur et elle disait que c'était la même chose avec le vin à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ). Il en fallait 100 ml pour la recette, mais les gens s'en gardaient 500 ml ou gardaient carrément la bouteille, alors les autres cherchaient le vin partout ou en manquait!
D'où vient la pénurie? Du manque de ressources? Non. Les ressources sont suffisantes pour tous les employés ou tous les étudiants... La pénurie vient de la peur de la pénurie!
Selon Matthieu, chapitre 6, Jésus dit: "Regardez les oiseaux du ciel; Ils ne sèment ni ne moissonnent: Ils n'amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? Qui de vous, par ces inquiétudes, peut ajouter une seule coudée à la durée de sa vie?" (Mt. 6.26-27)
Les paroles du Christ sont censée être porteuse de vie pour l'humanité. Encore faut-il les écouter.
Quels sont les fondements de nos sociétés occidentales? En science politique, on apprend que c'est la démocratie et le capitalisme. Quels sont les fondements intellectuels du capitalisme? En première année de bacc, on nous casse les oreilles avec John Locke et Thomas Hobbes! Ça devient presque un inside joke entre étudiants. De quoi ils parlent ces deux clowns? Hobbes parle de la peur, du droit à l'auto-préservation et de la nécessité d'un État policier et d'une armée. Locke parle d'état de nature (c'était la mode dans ce temps là, avec Rousseau et à peu près tous les autres philosophes de l'époque). Il dit que l'Homme a faim, donc il s'approprie de la nourriture. Il travaille pour récolter cette nourriture et peu l'échanger contre d'autres biens. Il travaille pour faire pousser son pommier, donc il s'approprie le pommier, mais il a plus de pommes qu'il ne peut en manger, donc il les échange contre autre chose. Mais les pommes, c'est périssable, alors l'Homme a inventé l'argent pour faciliter les échanges et pouf! Le capitalisme est né. (Bon, je vulgarise beaucoup, mais c'est à peu près ça.)*
Et tout ça, où ça nous mène? Dans un monde où il y aurait assez de nourriture pour que toute la planète mange à sa faim, mais où les ressources sont concentrés, accumulées dans les pays du Nord (principalement) pendant que ceux du Sud (et quelques uns du Nord aussi) crèvent de faim. Tout ça parce que "l'Homme" a peur de manquer de bouffe! Et où est-ce qu'il nous mène Hobbes? Il nous mène a fêter le jour du souvenir à chaque année au mois de novembre, parce qu'il y a 91 ans, des pays d'Europe voulaient s'auto-préserver, avaient peur les uns des autres et se regardaient en chien de faïence, le doigt sur la gâchette, jusqu'à ce que quelqu'un assassine un prince et que tout éclate! La Guerre de 39 n'était que la suite de cette grosse merde mal résolue. Il nous mène à une planète menée par une nation de pleutres qui tirent partout, même sur leurs concitoyens.
Locke et Hobbes s'inquiètent... L'un de sa sécurité physique, l'autre de sa sécurité alimentaire. Peut-être que si tout le monde avait plus confiance en son prochain, on aurait tous moins de raison d'avoir peur. Peut-être que si on s'inquiétait tous moins de ce qu'on va manger demain, on seraient plus nombreux à manger à notre faim. Peut-être que si on n'avait pas peur de manquer de couvertures, il y auraient des itinérants qui auraient moins froid. Peut-être que si on n'avait pas peur de manquer de change pour notre café de l'après-midi ou pour téléphoner, il y en aurait qui auraient moins faim.
L'inquiétude et l'accumulation sont les péchés originels des sociétés capitalistes.
lundi 9 novembre 2009
jeudi 5 novembre 2009
Satan dans une grippe
C'est la folie furieuse autour de la fameuse grippe AH1N1. À l'église, on avait l'habitude de se saluer en se serrant la main. Maintenant, le Pasteur dit quelque chose comme: "Saluez vos voisin d'une façon qui soit appropriée dans le contexte de la grippe H1N1." Il y en a qui se font un salut de la main, certain font des signes de peace et d'autres se font des "poignées de coude" (cette ridicule salutation en se touchant du boût du coude).
La paranoïa autour de la grippe AH1N1, c'est Satan, parce que Satan, ça veut dire "opposant". Céder à la peur en refusant de se toucher, c'est accepter de diminuer les échanges affectifs; c'est se diviser... C'est en opposition à l'amour de Dieu.
Je refuse la froide poignée de coude! Je dis lavons-nous les mains et serrons-nous la main, ou serrons-nous la main et lavons-nous les mains, ou donnons-nous une tape affectueuse dans le dos ou sur l'épaule, mais touchons-nous! Le toucher, c'est tellement important dans l'expression de l'amour et de l'affection! Jésus n'avait pas peur de toucher les malades et les marginaux, pourquoi aurions-nous peur? Suivons le Christ et touchons-nous!
Et puis, entre vous et moi, ne trouvez-vous pas incohérent de demander au gens de se tousser dans le coude pour ensuite leur proposer de se saluer en se touchant le coude plutôt qu'en se serrant la main?
La paranoïa autour de la grippe AH1N1, c'est Satan, parce que Satan, ça veut dire "opposant". Céder à la peur en refusant de se toucher, c'est accepter de diminuer les échanges affectifs; c'est se diviser... C'est en opposition à l'amour de Dieu.
Je refuse la froide poignée de coude! Je dis lavons-nous les mains et serrons-nous la main, ou serrons-nous la main et lavons-nous les mains, ou donnons-nous une tape affectueuse dans le dos ou sur l'épaule, mais touchons-nous! Le toucher, c'est tellement important dans l'expression de l'amour et de l'affection! Jésus n'avait pas peur de toucher les malades et les marginaux, pourquoi aurions-nous peur? Suivons le Christ et touchons-nous!
Et puis, entre vous et moi, ne trouvez-vous pas incohérent de demander au gens de se tousser dans le coude pour ensuite leur proposer de se saluer en se touchant le coude plutôt qu'en se serrant la main?
mercredi 4 novembre 2009
La souffrance et la lumière
Je suis la première à dire qu'il ne faut rien publier de personnel sur Internet, parce qu'Internet est un lieu public et parce que, même s'il participe d'une culture de l'instantané, le web conserve des traces de ce qu'on y met. C'est pourquoi, quand je publie un article sur mon blogue, je me pose au moins trois questions:
1) Est-ce que ce que j'écris représente vraiment ce que je pense?
2) Est-ce que je serais mal à l'aise si un étranger lisait ce que j'ai écrit?
3) Est-ce que je serais mal à l'aise si quelqu'un que je connais lisait ce que j'ai écrit?
Comme je réponds par l'affirmative à la première question et par la négative au deux autres, je fais une entorse à mon principe et je publie un article très personnel.
Depuis des semaines, je me lève très déprimée à tous les dimanches matin. Je me prépare machinalement pour aller à l'église, je déjeune peu parce que je n'ai pas d'appétit et je marche (ou je pédale) jusqu'à l'église, la tête pleine de soucis. J'ai la tête tellement pleine qu'une fois sur deux, je passe tout droit là où je devrais tourner. Je ne sais pas pour quoi je suis déprimée. Peut-être que le dimanche est mon seul temps d'arrêt, donc le seul temps où je peux penser et me rendre compte que je suis déprimée... Peut-être est-ce une déprime saisonnière (je ne sais pas comment c'est pour mes lecteurs français, mais au Québec il fait noir de bonne heure ces temps-ci!)... Peut-être que la solitude fait remonter mes vieilles peines d'amour... Puisque je ne sais pas pourquoi je suis aussi déprimée, pourquoi un rien me bouleverse, je me sens injustifiée. Je ne me sens pas le droit d'être déprimée. Je me sens coupable... Alors c'est encore pire!
Dimanche dernier, c'était un dimanche de communion. Au moment de boire le vin (qui est en fait du jus de raisin dans ma congrégation), j'ai pensé à ces phrases attribuées au Christ: "Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire?" (Mt 20.22) "Mon père, s'il set possible, que cette coupe s'éloigne de moi!" (Mt 26.39) Le vin étant le sang du Christ, la coupe est une coupe de souffrances. En buvant le jus de raisin, j'ai pensé aux souffrances du Christ en croix et je me suis dit que ma petite déprime n'étais rien à côté... Et je me suis sentie encore plus coupable... Mais j'ai voulu comprendre. Pourquoi, pour suivre le Christ, faut-il accepter de souffrir?
La réflexion sur la souffrance semble être de saison. Ces dernières semaines, Job est revenu souvent dans les lectures du dimanche. Quand Job, après avoir perdu ses enfants et tout ses biens, est frappé d'un ulcère, il voudrait ne jamais avoir vu le jour et pourtant "Sa femme lui dit: Tu demeures ferme dans ton intégrité! Maudis Dieu, et meurs! Mais lui répondit: Tu parles comme une femme insensée! Quoi! nous recevrions de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal! En tout cela, Job ne pécha point par ses lèvres." (Jb 2.9-10)
Il n'y a pas si longtemps, je débattais avec un ami à propos de l'amour et de la souffrance. On était assez d'accord pour dire que, là où il y a de l'amour, il y a de la souffrance. Il disait que c'était cynique de dire ça. Je lui ai demandé ce qu'il voulait dire par "cynique" et il m'a répondu que c'était de dire une vérité qui va à contre courant de la doxa et que personne ne veut entendre. Je ne suis pas d'accord avec sa définition de cynisme (mais ça n'a pas d'importance pour la suite de ce que je veux dire) et je ne suis pas d'accord non plus pour dire que d'affirmer qu'il y a de la souffrance dans l'amour va à l'encontre de la doxa. Je suis en contact avec la culture pop surtout par la radio qui joue toute la journée au magasin où je travaille et je me fait casser les oreilles par une chanteuse qui dit : "Why does love always feel like a battle feild?" Je lui ai demandé si c'était d'être "cynique" (selon sa définition) que de dire qu'il y a du bonheur dans la souffrance. Il m'a dit qu'il n'y croyait pas, parce qu'il y a tout de suite vu quelque chose de judéo-chrétien. Je lui ai répondu que ce n'était pas une question de croyance, parce que j'ai vécu ce bonheur dans la souffrance même durant la courte période pendant laquelle j'avais perdu la foi. Quand on pleure et on pleure et on se vide les tripes de leur eau par les yeux jusqu'à ce qu'on soit trop épuisés pour pleurer... Ça fait du bien! La chaleur des torrents mouillés sur les joues, puis l'épuisement total; la suspension momentanée, l'apesanteur du plus rien du tout...
Cette conversation a mené à une autre conversation sur le même sujet avec une autre amie. Je lui ai parlé de la souffrance que j'éprouvais durant ma période athée... Du désespoir que génère l'absurdité existentielle. Je lui ai raconté qu'à l'époque, puisque la vie n'avait aucun sens, je ne voyais pas de raison pour ne pas me péter la face à l'alcool et au canabis jusqu'à ce que mort s'en suive (je ne l'ai pas fait, puisque je suis encore ici pour vous écrire! ;) ). Elle m'a parlé de sa souffrance à elle. Elle m'a dit ne jamais avoir atteint un tel désespoir, mais avoir atteint une sorte d'indifférence généralisée, un genre d'engourdissement total. Elle m'a dit qu'il avait aussi un genre de bonheur dans cette souffrance là.
En marchant dimanche dernier, je réfléchissais à tout ça... La souffrance, la coupe, le désespoir, l'engourdissement, la quête de sens... Je mélangeais et tamisais et distillais et remélangeais tout ça pour voir ce que ça donnerait. Je me disais que j'en avait assez de souffrir, mais que je n'avais pas le choix. Puisque la vie a un sens, je ne peux pas juste me laisser aller à l'indifférence engourdissante, ni me péter la face jusqu'à ce que mort s'en suive. Puisqu'en faisait ma confirmation, je me suis engagée à suivre le Christ, j'ai quelque chose à faire sur cette terre. Je suis une employée de Dieu. Il m'envoie des tâches de temps en temps. S'il n'est pas dans son bureau quand j'appelle, il faut que je fasse preuve d'un peu de débrouillardise, d'autonomie et d'initiative! ;) C'est en pensant à tout ça tout en bottant un gros tas de feuilles d'érable toutes jaunes que la réponse à ma question est arrivée. Job a rencontré Jésus pour y répondre. Pourquoi faut-il boire à la coupe de la souffrance pour suivre le Christ? Parce que l'Éternel donne et l'Éternel reprend et ça fait partie de la vie! Parce que Jésus nous invite à vivre pleinement. Parce que la vie sans souffrance est comme une vie sans bonheur. Parce qu'il n'y a pas de lumière sans ombre. Parce qu'il y a du bonheur dans le malheur et du malheur dans le bonheur, il y a des ombres, des couleurs, des textures dans le magnifique tableau de la vie et si on décide d'ignorer l'ombre ou la lumière, on passe à côté de toute la complexité de l'Oeuvre de Dieu.
Je suis toujours déprimée, mais au moins, là, je suis zen. J'ai le yin et le yang équilibrés, je respire le bonheur de mes larmes et je goûte l'amertume de mes sourires.
1) Est-ce que ce que j'écris représente vraiment ce que je pense?
2) Est-ce que je serais mal à l'aise si un étranger lisait ce que j'ai écrit?
3) Est-ce que je serais mal à l'aise si quelqu'un que je connais lisait ce que j'ai écrit?
Comme je réponds par l'affirmative à la première question et par la négative au deux autres, je fais une entorse à mon principe et je publie un article très personnel.
Depuis des semaines, je me lève très déprimée à tous les dimanches matin. Je me prépare machinalement pour aller à l'église, je déjeune peu parce que je n'ai pas d'appétit et je marche (ou je pédale) jusqu'à l'église, la tête pleine de soucis. J'ai la tête tellement pleine qu'une fois sur deux, je passe tout droit là où je devrais tourner. Je ne sais pas pour quoi je suis déprimée. Peut-être que le dimanche est mon seul temps d'arrêt, donc le seul temps où je peux penser et me rendre compte que je suis déprimée... Peut-être est-ce une déprime saisonnière (je ne sais pas comment c'est pour mes lecteurs français, mais au Québec il fait noir de bonne heure ces temps-ci!)... Peut-être que la solitude fait remonter mes vieilles peines d'amour... Puisque je ne sais pas pourquoi je suis aussi déprimée, pourquoi un rien me bouleverse, je me sens injustifiée. Je ne me sens pas le droit d'être déprimée. Je me sens coupable... Alors c'est encore pire!
Dimanche dernier, c'était un dimanche de communion. Au moment de boire le vin (qui est en fait du jus de raisin dans ma congrégation), j'ai pensé à ces phrases attribuées au Christ: "Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire?" (Mt 20.22) "Mon père, s'il set possible, que cette coupe s'éloigne de moi!" (Mt 26.39) Le vin étant le sang du Christ, la coupe est une coupe de souffrances. En buvant le jus de raisin, j'ai pensé aux souffrances du Christ en croix et je me suis dit que ma petite déprime n'étais rien à côté... Et je me suis sentie encore plus coupable... Mais j'ai voulu comprendre. Pourquoi, pour suivre le Christ, faut-il accepter de souffrir?
La réflexion sur la souffrance semble être de saison. Ces dernières semaines, Job est revenu souvent dans les lectures du dimanche. Quand Job, après avoir perdu ses enfants et tout ses biens, est frappé d'un ulcère, il voudrait ne jamais avoir vu le jour et pourtant "Sa femme lui dit: Tu demeures ferme dans ton intégrité! Maudis Dieu, et meurs! Mais lui répondit: Tu parles comme une femme insensée! Quoi! nous recevrions de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal! En tout cela, Job ne pécha point par ses lèvres." (Jb 2.9-10)
Il n'y a pas si longtemps, je débattais avec un ami à propos de l'amour et de la souffrance. On était assez d'accord pour dire que, là où il y a de l'amour, il y a de la souffrance. Il disait que c'était cynique de dire ça. Je lui ai demandé ce qu'il voulait dire par "cynique" et il m'a répondu que c'était de dire une vérité qui va à contre courant de la doxa et que personne ne veut entendre. Je ne suis pas d'accord avec sa définition de cynisme (mais ça n'a pas d'importance pour la suite de ce que je veux dire) et je ne suis pas d'accord non plus pour dire que d'affirmer qu'il y a de la souffrance dans l'amour va à l'encontre de la doxa. Je suis en contact avec la culture pop surtout par la radio qui joue toute la journée au magasin où je travaille et je me fait casser les oreilles par une chanteuse qui dit : "Why does love always feel like a battle feild?" Je lui ai demandé si c'était d'être "cynique" (selon sa définition) que de dire qu'il y a du bonheur dans la souffrance. Il m'a dit qu'il n'y croyait pas, parce qu'il y a tout de suite vu quelque chose de judéo-chrétien. Je lui ai répondu que ce n'était pas une question de croyance, parce que j'ai vécu ce bonheur dans la souffrance même durant la courte période pendant laquelle j'avais perdu la foi. Quand on pleure et on pleure et on se vide les tripes de leur eau par les yeux jusqu'à ce qu'on soit trop épuisés pour pleurer... Ça fait du bien! La chaleur des torrents mouillés sur les joues, puis l'épuisement total; la suspension momentanée, l'apesanteur du plus rien du tout...
Cette conversation a mené à une autre conversation sur le même sujet avec une autre amie. Je lui ai parlé de la souffrance que j'éprouvais durant ma période athée... Du désespoir que génère l'absurdité existentielle. Je lui ai raconté qu'à l'époque, puisque la vie n'avait aucun sens, je ne voyais pas de raison pour ne pas me péter la face à l'alcool et au canabis jusqu'à ce que mort s'en suive (je ne l'ai pas fait, puisque je suis encore ici pour vous écrire! ;) ). Elle m'a parlé de sa souffrance à elle. Elle m'a dit ne jamais avoir atteint un tel désespoir, mais avoir atteint une sorte d'indifférence généralisée, un genre d'engourdissement total. Elle m'a dit qu'il avait aussi un genre de bonheur dans cette souffrance là.
En marchant dimanche dernier, je réfléchissais à tout ça... La souffrance, la coupe, le désespoir, l'engourdissement, la quête de sens... Je mélangeais et tamisais et distillais et remélangeais tout ça pour voir ce que ça donnerait. Je me disais que j'en avait assez de souffrir, mais que je n'avais pas le choix. Puisque la vie a un sens, je ne peux pas juste me laisser aller à l'indifférence engourdissante, ni me péter la face jusqu'à ce que mort s'en suive. Puisqu'en faisait ma confirmation, je me suis engagée à suivre le Christ, j'ai quelque chose à faire sur cette terre. Je suis une employée de Dieu. Il m'envoie des tâches de temps en temps. S'il n'est pas dans son bureau quand j'appelle, il faut que je fasse preuve d'un peu de débrouillardise, d'autonomie et d'initiative! ;) C'est en pensant à tout ça tout en bottant un gros tas de feuilles d'érable toutes jaunes que la réponse à ma question est arrivée. Job a rencontré Jésus pour y répondre. Pourquoi faut-il boire à la coupe de la souffrance pour suivre le Christ? Parce que l'Éternel donne et l'Éternel reprend et ça fait partie de la vie! Parce que Jésus nous invite à vivre pleinement. Parce que la vie sans souffrance est comme une vie sans bonheur. Parce qu'il n'y a pas de lumière sans ombre. Parce qu'il y a du bonheur dans le malheur et du malheur dans le bonheur, il y a des ombres, des couleurs, des textures dans le magnifique tableau de la vie et si on décide d'ignorer l'ombre ou la lumière, on passe à côté de toute la complexité de l'Oeuvre de Dieu.
Je suis toujours déprimée, mais au moins, là, je suis zen. J'ai le yin et le yang équilibrés, je respire le bonheur de mes larmes et je goûte l'amertume de mes sourires.
dimanche 25 octobre 2009
Ma sortie au cinéma et le modèle républicain
Cette semaine, j'ai eu très envie d'aller au cinéma. Je voulais décrocher des vélos, des skis, de la vaisselle sale et du que hacer et en profiter pour voir une très bonne amie que j'ai négligée récemment. On ne savait pas, ni l'une, ni l'autre, ce qu'il y avait d'intéressant à l'affiche, alors j'ai épluché cinémamontreal.com. J'ai passé toute une soirée à regarder des bandes-annonces et des horaires de cinéma. Évidemment, j'ai surtout vu des bandes-annonces de films hollywoodiens... Je me suis couchée avec la tête bouillonnante d'imbécillités! J'avais l'impression d'avoir le cerveau pollué! Fort heureusement, il n'y a pas que des insipidités hollywoodiennes au cinéma. Nous avons opté pour un film français que je recommande sans réserve: La journée de la jupe.
À mis chemin entre la comédie et le drame, c'est un film bien équilibré, bien fait et surtout, qui fait réfléchir! J'ai besoin de réfléchir pour ne pas me sentir polluée du cerveau! Pour ne pas avoir l'impression d'avoir perdu mon temps... Pour ne pas avoir l'impression de m'éloigner de Dieu en accordant de l'importance à des personnages fictifs sans importance. Quand le film fait réfléchir à des enjeux sociaux, si j'accorde de la place aux personnages dans mon cerveau, j'accorde de la place à une catégorie sociale qui représente des gens qui existent pour vrai.
Pour ceux qui n'ont vu ni le film, ni la bande-annonce, La journée de la jupe, ça raconte l'histoire d'une prof qui, en confisquant le sac d'un étudiant, se ramasse avec une arme à feu dans les mains. La situation dégénère rapidement et se transforme en prise d'otages. La prof de français prend en otages 9 de ses élèves, des adolescents d'une banlieue française. Il y aurait beaucoup de choses à dire à propos de ce film... On pourrait parler de la violence dans les banlieues, des difficultés des professeurs du secondaire, des lacunes du système d'éducation français, des politiques d'immigration, du féminisme français, etc.
Ce qui me frappe dans ce film, c'est un thème qui me tient à coeur et qui m'a valu plusieurs disputes avec des Français (et d'autres moins animées avec des Québécois): le modèle républicain de laïcité. Pour moi, c'est un choc culturel. Je suis habituée au modèle Canadien de "mosaïque culturel" qui constitue la pierre angulaire de l'identité canadienne depuis Pierre Éliote Turdeau et aux chartes canadienne et québécoise des droits et libertés garantissant la liberté de culte. Je trouve le modèle de laïcité "à la française" plutôt hypocrite. (Attention, je ne dis pas que les Canadiens et les Québécois ne sont pas hypocrites. Je parle du système et non des individus.)
L'interdiction du port de signes ostentatoires est, à mon avis, une grosse connerie. Un Français m'a dit que c'était mieux si on ne pouvait pas savoir en partant de quelle religion est notre collègue de classe pour éviter les conflits ethno-religieux. Je pense que c'est de la foutaise! Les conflits sont là, que les signes religieux soit ostentatoires ou non. Dans le film, la prof appuie très fort sur la laïcité et on ne peut pas deviner qui est musulman et qui ne l'est pas en regardant les élèves, à part pour ceux qui ont un faciès typiquement arabe et encore! Il y a des marghrébins chrétiens aussi! Et pourtant, l'identité musulmane est très forte chez ces jeunes là. Je me demande même si elle n'est pas d'autant plus forte qu'elle est réprimée.
Il y a une scène en particulier qui, pour moi, illustre tout le ridicule et l'hypocrisie du système laïc français. La prof ordonne à un jeune d'enlever sa tuque (son bonnet) et celui-ci refuse, prétextant des raisons religieuses. Les raisons sont fausses, il ne fait ça que pour faire chier la prof, mais l'argumentaire est révélateur d'un réel problème:
- J'enlèverai mon bonnet quand il n'y aura plus de vacances de Noël.
- Pourquoi, tu n'aimes pas ça les vacances?
- Non, c'est pas ça! Les vacances de Noël c'est chrétien, c'est pas laïc!
- Tu es dans un collège laïc! Si tu n'es pas content, tu n'as qu'à aller dans un collège privé!
- Hé là! Le privé, ça coûte! J'ai pas de tune moi!
- C'EST POUR ÇA QUE L'ÉCOLE PUBLIQUE A ÉTÉ INVENTÉE, IMBÉCILE!
L'argumentaire de la prof ne se tient tout simplement pas, parce que le système ne se tient pas. Il est discriminatoire. Les Chrétiens ont le droit de garder leurs traditions, de fêter Noël, de porter une croix (à condition qu'elle ne soit pas trop grosse)... Les Musulmane n'ont pas le droit de porter le voile et n'ont pas de congés pour leurs fêtes religieuses. L'expression religieuse est acceptée à l'école à condition qu'il s'agisse d'un collège privé confessionnel. Or, les Musulmans sont parmi les groupes culturels les plus pauvres en France, alors ils ne peuvent pas se permettre le privé, pour la plupart. Ils sont coincés dans un système public à la laïcité à deux vitesses! Pas étonnant que certains tombent dans l'enfermement identitaire et le racisme.
Il me semble que de s'ouvrir à la différence, de célébrer la richesse culturelle de chacun, d'encourager le mélange des expressions religieuses dans les écoles plutôt que de les séparer chacunes dans leur collège privé serait beaucoup plus efficace pour lutter contre les conflits ethno-religieux. Quand j'ai fait de l'aide aux devoirs dans une école primaire, je trouvais ça fascinant de voir les enfants s'intéresser aux pratiques religieuses de leurs camarades et d'en noter les différences et les similarités. J'avais des Libanaises et un Turque musulmans, des Vietnamiennes athées, une Haïtienne, un Salvadorien et un Portugais chrétiens. Ils ne s'organisaient pas pour autant en cliques religieuses. Le trio d'amies tissés serré que j'avais dans mon groupe était composé d'une Vietnamienne athée, d'une Haïtienne chrétienne et d'une Libanaise musulmane. J'ai trouvé charmant que la petite Chrétienne invite ses amies à sa Première communion. Le contact amical entre les gens de différentes croyances (j'inclue l'athéisme comme une croyance) est porteur de paix. Rendre les différences invisibles est porteur de mal entendus, d'ignorance et d'intolérance.
J'aurais encore plus de choses à dire par rapport aux ravages du système laïc français, mais je ne veux pas vendre de punch du film! ;) Je vous recommande d'aller le voir! Ça vaut la peine, ne serait-ce que pour la performance d'Isabelle Adjani dans le rôle de la prof qui pette les plombs.
À mis chemin entre la comédie et le drame, c'est un film bien équilibré, bien fait et surtout, qui fait réfléchir! J'ai besoin de réfléchir pour ne pas me sentir polluée du cerveau! Pour ne pas avoir l'impression d'avoir perdu mon temps... Pour ne pas avoir l'impression de m'éloigner de Dieu en accordant de l'importance à des personnages fictifs sans importance. Quand le film fait réfléchir à des enjeux sociaux, si j'accorde de la place aux personnages dans mon cerveau, j'accorde de la place à une catégorie sociale qui représente des gens qui existent pour vrai.
Pour ceux qui n'ont vu ni le film, ni la bande-annonce, La journée de la jupe, ça raconte l'histoire d'une prof qui, en confisquant le sac d'un étudiant, se ramasse avec une arme à feu dans les mains. La situation dégénère rapidement et se transforme en prise d'otages. La prof de français prend en otages 9 de ses élèves, des adolescents d'une banlieue française. Il y aurait beaucoup de choses à dire à propos de ce film... On pourrait parler de la violence dans les banlieues, des difficultés des professeurs du secondaire, des lacunes du système d'éducation français, des politiques d'immigration, du féminisme français, etc.
Ce qui me frappe dans ce film, c'est un thème qui me tient à coeur et qui m'a valu plusieurs disputes avec des Français (et d'autres moins animées avec des Québécois): le modèle républicain de laïcité. Pour moi, c'est un choc culturel. Je suis habituée au modèle Canadien de "mosaïque culturel" qui constitue la pierre angulaire de l'identité canadienne depuis Pierre Éliote Turdeau et aux chartes canadienne et québécoise des droits et libertés garantissant la liberté de culte. Je trouve le modèle de laïcité "à la française" plutôt hypocrite. (Attention, je ne dis pas que les Canadiens et les Québécois ne sont pas hypocrites. Je parle du système et non des individus.)
L'interdiction du port de signes ostentatoires est, à mon avis, une grosse connerie. Un Français m'a dit que c'était mieux si on ne pouvait pas savoir en partant de quelle religion est notre collègue de classe pour éviter les conflits ethno-religieux. Je pense que c'est de la foutaise! Les conflits sont là, que les signes religieux soit ostentatoires ou non. Dans le film, la prof appuie très fort sur la laïcité et on ne peut pas deviner qui est musulman et qui ne l'est pas en regardant les élèves, à part pour ceux qui ont un faciès typiquement arabe et encore! Il y a des marghrébins chrétiens aussi! Et pourtant, l'identité musulmane est très forte chez ces jeunes là. Je me demande même si elle n'est pas d'autant plus forte qu'elle est réprimée.
Il y a une scène en particulier qui, pour moi, illustre tout le ridicule et l'hypocrisie du système laïc français. La prof ordonne à un jeune d'enlever sa tuque (son bonnet) et celui-ci refuse, prétextant des raisons religieuses. Les raisons sont fausses, il ne fait ça que pour faire chier la prof, mais l'argumentaire est révélateur d'un réel problème:
- J'enlèverai mon bonnet quand il n'y aura plus de vacances de Noël.
- Pourquoi, tu n'aimes pas ça les vacances?
- Non, c'est pas ça! Les vacances de Noël c'est chrétien, c'est pas laïc!
- Tu es dans un collège laïc! Si tu n'es pas content, tu n'as qu'à aller dans un collège privé!
- Hé là! Le privé, ça coûte! J'ai pas de tune moi!
- C'EST POUR ÇA QUE L'ÉCOLE PUBLIQUE A ÉTÉ INVENTÉE, IMBÉCILE!
L'argumentaire de la prof ne se tient tout simplement pas, parce que le système ne se tient pas. Il est discriminatoire. Les Chrétiens ont le droit de garder leurs traditions, de fêter Noël, de porter une croix (à condition qu'elle ne soit pas trop grosse)... Les Musulmane n'ont pas le droit de porter le voile et n'ont pas de congés pour leurs fêtes religieuses. L'expression religieuse est acceptée à l'école à condition qu'il s'agisse d'un collège privé confessionnel. Or, les Musulmans sont parmi les groupes culturels les plus pauvres en France, alors ils ne peuvent pas se permettre le privé, pour la plupart. Ils sont coincés dans un système public à la laïcité à deux vitesses! Pas étonnant que certains tombent dans l'enfermement identitaire et le racisme.
Il me semble que de s'ouvrir à la différence, de célébrer la richesse culturelle de chacun, d'encourager le mélange des expressions religieuses dans les écoles plutôt que de les séparer chacunes dans leur collège privé serait beaucoup plus efficace pour lutter contre les conflits ethno-religieux. Quand j'ai fait de l'aide aux devoirs dans une école primaire, je trouvais ça fascinant de voir les enfants s'intéresser aux pratiques religieuses de leurs camarades et d'en noter les différences et les similarités. J'avais des Libanaises et un Turque musulmans, des Vietnamiennes athées, une Haïtienne, un Salvadorien et un Portugais chrétiens. Ils ne s'organisaient pas pour autant en cliques religieuses. Le trio d'amies tissés serré que j'avais dans mon groupe était composé d'une Vietnamienne athée, d'une Haïtienne chrétienne et d'une Libanaise musulmane. J'ai trouvé charmant que la petite Chrétienne invite ses amies à sa Première communion. Le contact amical entre les gens de différentes croyances (j'inclue l'athéisme comme une croyance) est porteur de paix. Rendre les différences invisibles est porteur de mal entendus, d'ignorance et d'intolérance.
J'aurais encore plus de choses à dire par rapport aux ravages du système laïc français, mais je ne veux pas vendre de punch du film! ;) Je vous recommande d'aller le voir! Ça vaut la peine, ne serait-ce que pour la performance d'Isabelle Adjani dans le rôle de la prof qui pette les plombs.
dimanche 11 octobre 2009
Les vaches sacrées
Cette semaine, je suis allée à une conférence à Atlenta. L'assistance était composée de membre du clergé, de séminaristes et de laïcs impliqués dans leur communauté. Tout ce beau monde provenait d'églises ou de séminaires de dénominations très variées (Église Unie du Canada, United Church of Christ, Desiples of Christ, Lutheriens, Catholiques romains, Baptistes, Menonites... Name it!). Il y avait quelques Canadiens, mais la plupart étaient américains. Au moins le tiers étaient African American.
Dans les églises que j'ai fréquentées (Église Unie du Canada et Catholique romaine), les gens écoutent le sermon (ou dorment ou tombent dans la lune) en silence. Dans ce contexte oeucuménique, c'était différent... Il n'y avait pas énormément d'exclamations, de "Amen!" et de "Halleluja!" (mais un peu quand même)... Ce qu'il y avait surtout, c'est des "mmhh" gutturaux, signalant l'approbation du public. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser aux quelques jours que j'ai passé dans la campagne française, il y a quelques années... Juste au son, on aurait vraiment dit des vaches!
Je me suis demandé si les vaches ne ferait pas ce son là parce que, en fait, elles seraient en train d'écouter un sermon venant directement de Dieu et pousseraient des "mmhh" d'approbation. Peut-être que c'est pour ça qu'elles sont sacrées pour les Hindous... Elles écoutent Dieu et ça les rend sages et bienveillantes... Après tout, est-ce qu'on peut trouver un meilleur exemple de résistance passive qu'une vache?
Peut-être que je dis des niaiseries, mais c'est beau dans ma tête! :)
Dans les églises que j'ai fréquentées (Église Unie du Canada et Catholique romaine), les gens écoutent le sermon (ou dorment ou tombent dans la lune) en silence. Dans ce contexte oeucuménique, c'était différent... Il n'y avait pas énormément d'exclamations, de "Amen!" et de "Halleluja!" (mais un peu quand même)... Ce qu'il y avait surtout, c'est des "mmhh" gutturaux, signalant l'approbation du public. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser aux quelques jours que j'ai passé dans la campagne française, il y a quelques années... Juste au son, on aurait vraiment dit des vaches!
Je me suis demandé si les vaches ne ferait pas ce son là parce que, en fait, elles seraient en train d'écouter un sermon venant directement de Dieu et pousseraient des "mmhh" d'approbation. Peut-être que c'est pour ça qu'elles sont sacrées pour les Hindous... Elles écoutent Dieu et ça les rend sages et bienveillantes... Après tout, est-ce qu'on peut trouver un meilleur exemple de résistance passive qu'une vache?
Peut-être que je dis des niaiseries, mais c'est beau dans ma tête! :)
samedi 19 septembre 2009
Manufacturing Consent
Je ne suis pas vraiment une wiz de la technologie et je n'ai qu'une patience limitée pour le gossage et l'exploration des possibilités qu'offre l'Internet et les programmes qui y sont associés. Par conséquent, je ne sais pas comment mettre une vidéo sur mon blogue! :op
Il y a un documentaire qui m'a beaucoup marquée quand j'étais à l'université. Il s'agit du film Manufacturing Consent. Je ne sais pas s'il a été fait par ou à propos de Noam Chomsky. Toujours est-il qu'il présente ses théories sur la propagande dans les sociétés démocratiques. En gros, ça explique comment les grands médias réussissent à endormir le peuple. Attention! Ce n'est pas une théorie du complot! Il n'y a pas de petit groupe secret qui a décidé comment fonctionnerait le système de propagande aux USA... C'est un système qui découle, entre autre, du capitalisme et qui s'auto-reproduit sans qu'un illuminé super-puissant n'ait à décider quoi que ce soit pour qu'il continue à fonctionner. C'est un système qui s'alimente lui-même et c'est pour ça qu'il est si profondément implanté que la majorité des gens ne remarque pas son existence.
Je pense que pour avoir l'esprit critique et ouvert, il faut au moins avoir une idée de ce dans quoi on baigne, de ce qui nous influence. Je ne prétends pas qu'on puisse y échapper complètement... On vit quand même en société! Mais si on peut au moins le voir, ça donne déjà espoir!
Désolée pour ceux qui ne comprennent pas l'Anglais... Je pense qu'il y peut-être une version sous-titrée en Français sur support VHS à la vidéothèque de l'UQÀM.
http://www.truthfultv.com/html/manufacturing_consent_-_noam_c.html
Il y a un documentaire qui m'a beaucoup marquée quand j'étais à l'université. Il s'agit du film Manufacturing Consent. Je ne sais pas s'il a été fait par ou à propos de Noam Chomsky. Toujours est-il qu'il présente ses théories sur la propagande dans les sociétés démocratiques. En gros, ça explique comment les grands médias réussissent à endormir le peuple. Attention! Ce n'est pas une théorie du complot! Il n'y a pas de petit groupe secret qui a décidé comment fonctionnerait le système de propagande aux USA... C'est un système qui découle, entre autre, du capitalisme et qui s'auto-reproduit sans qu'un illuminé super-puissant n'ait à décider quoi que ce soit pour qu'il continue à fonctionner. C'est un système qui s'alimente lui-même et c'est pour ça qu'il est si profondément implanté que la majorité des gens ne remarque pas son existence.
Je pense que pour avoir l'esprit critique et ouvert, il faut au moins avoir une idée de ce dans quoi on baigne, de ce qui nous influence. Je ne prétends pas qu'on puisse y échapper complètement... On vit quand même en société! Mais si on peut au moins le voir, ça donne déjà espoir!
Désolée pour ceux qui ne comprennent pas l'Anglais... Je pense qu'il y peut-être une version sous-titrée en Français sur support VHS à la vidéothèque de l'UQÀM.
http://www.truthfultv.com/html/manufacturing_consent_-_noam_c.html
samedi 12 septembre 2009
Citation préférée
"Back in the old days with J-C, we used to walk everywhere! Have you ever heard of a fat apostle?"
-Rufus, the 13th apostle-
(Dogma, 1999)
-Rufus, the 13th apostle-
(Dogma, 1999)
vendredi 11 septembre 2009
Citation du jour
"Personnellement, j'aurais rasé la cathédrale de Chartres pour en faire un parking si cela avait pu empêcher qu'un seul enfant se pique le doigt avec l'aiguille où les riches tentent en vain de faire passer leurs chameaux."
- Léon -
(Bruno Hébert, C'est pas moi, je le jure, Boréal, 1997, p. 127.)
- Léon -
(Bruno Hébert, C'est pas moi, je le jure, Boréal, 1997, p. 127.)
lundi 7 septembre 2009
Théocratie
Avant la Révolution Tranquille, l'Église jouait un rôle énorme dans la société. C'était l'Église qui s'occupait des malades, qui éduquait les enfants, qui donnait un sentiment d'appartenance, qui s'occupait de justice sociale. Dans les années 1960, le gouvernement a pris le relais et c'est tant mieux, puisqu'il a accès à plus de ressources à travers les impôts et qu'il émane (en théorie) d'une démocratie.
Depuis les années 1980, la sociale-démocratie est remise en question et la mode de la "lutte au déficit" revient périodiquement. C'est la politique de déficit zéro de Lucien Bouchard qui, au début des années 1990, a mené à la mise à la retraite d'infirmières et au fameux "virage ambulatoire". Ces mesures ont sérieusement handicapé notre système de santé te on en voit clairement les cicatrices aujourd'hui.
Les libéraux ne sont guerre mieux. Avec leurs coupures en éducation, il n'est plus rare de voir des bénéficiaires de l'aide financière aux études avoir recours aux banques alimentaires ou au "dumster diving" pour manger. Nous vivons en ce moment une crise économique mondiale; moment idéal pour augmenter les dépenses gouvernementales dans les services (santé, éducation, services sociaux). Pourquoi? Parce que les besoins sont plus grands et parce que ça fait travailler plus de fonctionnaires, donc ça diminue le chômage et ça fait rouler l'économie. Au lieu de ça, on voit ressurgir le discours du déficit zéro au Québec et les reproches au gouvernement fédéral sur ses "dépenses excessives". Et nous, citoyens, que pouvons nous faire pour que ces politiques changent? Attendre une nouvelle élection. Je regarde mon pouvoir démocratique dans la sphère politique et ça me désole!
Parallèlement, dans ma vie religieuse, je découvre tout le potentiel d'une communauté et l'influence que je peux y avoir. Je dis bien "dans ma vie religieuse" et non "dans ma vie spirituelle". Les fervents défenseurs de la laïcité martellent souvent que la religion doit être une affaire privée. Je ne suis pas d'accord. La spiritualité, c'est privé; ça appartient à cahcun. La religion, pour moi, c'est l'expression publique de la spiritualité privée. C'est la vie en communauté, c'est la prise de position et ça joue un rôle important qu'on le veuille ou non. (1)
En juin, l'animatrice spirituelle de l'école primaire qui accueille la Mission où je travaille est venue à l'église pour parler à la communauté du partenariat entre l'école et la Mission. Elle avait tellement de choses à dire, qu'elle a pris plus de temps que n'en prend habituellement le Pasteur pour son sermon (et ce n'est pas peu dire!). La Mission aide l'école à distribuer 135 paniers de Noël, à apprendre les rudiments de la cuisine aux enfants, à servir 35 déjeuners tous les matins (bientôt 70, grâce à un partenariat avec le Club des petits déjeuners du Québec)... La Mission offre aux jeunes un pont intergénérationnel tout en brisant l'isolement des aînés grâce au club de tricot. L'école avait un vieux piano qui ne servait à rien depuis que le Ministère de l'Éducation a coupé dans les cous de musiques. Il servira bientôt, parce que la chèfe de choeur de l'église a offert de donner gratuitement des cours de piano aux enfants. S'ajoute à tout ça un paquet de projets que ne son pas encore tout à fait en place, comme mon groupe de jeunes 12-17 ans et le "Club de la Bonne Nouvelle" pour les plus jeunes. Dans le United Church Observer, j'ai lu que certaines églises organisaient des jardins collectifs sur leurs terrains pour améliorer la sécurité alimentaire de leur congrégation. À tout ça s'ajoute là vente de vêtements et autres objets à prix symboliques et l'aide directe aux familles en cas de nécessité (dont j'ai profité une fois, dans une période particulièrement sombre de ma vie).
Est-ce que je vais arriver à une belle conclusion sur ce que le monde devrait être? Est-ce que je vais proposer le retour à une théocratie? Non. Je n'ai pas de réponses. Je pose des questions. Il semble que quand l'aide gouvernementale s'effrite, l'Église prend le relais... Mais l'Église n'a pas les moyens dont dispose les gouvernements, surtout pas au Québec en 2009! Les églises se vides et les budgets fondent! Le fonds de charité est tombé dans le rouge cette année jusqu'à ce que le Club des petits déjeuner prenne le relais du breakfast club de la Mission et l'église doit couper dans ses projets parce que son budget global diminue en même temps que l'achalandage du dimanche matin. Bilan de l'an dernier: 8 baptêmes et 33 funérailles! Ça en dit long sur le vieillissement de la congrégation, d'autant plus que c'est rendu un running gag que les familles qui viennent faire baptiser un enfants, on ne les revoient que quand ils viennent en faire baptiser un deuxième ou un troisième! La communauté n'est pas aveugle et s'inquiète du phénomène... Beaucoup disent qu'il faut sortir des murs et aller où les gens sont... Sauf que dans le processus, ils oublient de collecter des dons. C'est presque une hérésie de le dire, mais il nous faut du monde dans les bancs pour amasser des sous pour avoir les moyens d'aller "là où sont les gens" et faire la job que les gouvernements ne font plus! Quand on ose le dire, on se fait répondre qu'on n'est pas là pour l'argent, mais pour suivre le Christ et répandre la Bonne Nouvelle... C'est bien joli, mais si on veut vraiment aider son prochain, une structure avec des fonds pour la soutenir, ça aide beaucoup! Ces temps-ci, j'ai l'impression que ma communauté pêche par wishful thinking, puis je lis les évangiles et je rencontre le passage qui dit: "Regardez les oiseaux du ciel: Ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une seule coudée à la durée de sa vie? Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Observez comment croissent les lis des champs: Ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs qui existe aujourd'hui et demain sera jetée au four, ne vous (vêtira-t-il) pas à plus forte raison, gens de peu de foi?" (Mt 6.26-30, Nouvelle version Segond révisée) et j'ai l'impression que c'est moi qui pêche par manque de foi.
Depuis les années 1980, la sociale-démocratie est remise en question et la mode de la "lutte au déficit" revient périodiquement. C'est la politique de déficit zéro de Lucien Bouchard qui, au début des années 1990, a mené à la mise à la retraite d'infirmières et au fameux "virage ambulatoire". Ces mesures ont sérieusement handicapé notre système de santé te on en voit clairement les cicatrices aujourd'hui.
Les libéraux ne sont guerre mieux. Avec leurs coupures en éducation, il n'est plus rare de voir des bénéficiaires de l'aide financière aux études avoir recours aux banques alimentaires ou au "dumster diving" pour manger. Nous vivons en ce moment une crise économique mondiale; moment idéal pour augmenter les dépenses gouvernementales dans les services (santé, éducation, services sociaux). Pourquoi? Parce que les besoins sont plus grands et parce que ça fait travailler plus de fonctionnaires, donc ça diminue le chômage et ça fait rouler l'économie. Au lieu de ça, on voit ressurgir le discours du déficit zéro au Québec et les reproches au gouvernement fédéral sur ses "dépenses excessives". Et nous, citoyens, que pouvons nous faire pour que ces politiques changent? Attendre une nouvelle élection. Je regarde mon pouvoir démocratique dans la sphère politique et ça me désole!
Parallèlement, dans ma vie religieuse, je découvre tout le potentiel d'une communauté et l'influence que je peux y avoir. Je dis bien "dans ma vie religieuse" et non "dans ma vie spirituelle". Les fervents défenseurs de la laïcité martellent souvent que la religion doit être une affaire privée. Je ne suis pas d'accord. La spiritualité, c'est privé; ça appartient à cahcun. La religion, pour moi, c'est l'expression publique de la spiritualité privée. C'est la vie en communauté, c'est la prise de position et ça joue un rôle important qu'on le veuille ou non. (1)
En juin, l'animatrice spirituelle de l'école primaire qui accueille la Mission où je travaille est venue à l'église pour parler à la communauté du partenariat entre l'école et la Mission. Elle avait tellement de choses à dire, qu'elle a pris plus de temps que n'en prend habituellement le Pasteur pour son sermon (et ce n'est pas peu dire!). La Mission aide l'école à distribuer 135 paniers de Noël, à apprendre les rudiments de la cuisine aux enfants, à servir 35 déjeuners tous les matins (bientôt 70, grâce à un partenariat avec le Club des petits déjeuners du Québec)... La Mission offre aux jeunes un pont intergénérationnel tout en brisant l'isolement des aînés grâce au club de tricot. L'école avait un vieux piano qui ne servait à rien depuis que le Ministère de l'Éducation a coupé dans les cous de musiques. Il servira bientôt, parce que la chèfe de choeur de l'église a offert de donner gratuitement des cours de piano aux enfants. S'ajoute à tout ça un paquet de projets que ne son pas encore tout à fait en place, comme mon groupe de jeunes 12-17 ans et le "Club de la Bonne Nouvelle" pour les plus jeunes. Dans le United Church Observer, j'ai lu que certaines églises organisaient des jardins collectifs sur leurs terrains pour améliorer la sécurité alimentaire de leur congrégation. À tout ça s'ajoute là vente de vêtements et autres objets à prix symboliques et l'aide directe aux familles en cas de nécessité (dont j'ai profité une fois, dans une période particulièrement sombre de ma vie).
Est-ce que je vais arriver à une belle conclusion sur ce que le monde devrait être? Est-ce que je vais proposer le retour à une théocratie? Non. Je n'ai pas de réponses. Je pose des questions. Il semble que quand l'aide gouvernementale s'effrite, l'Église prend le relais... Mais l'Église n'a pas les moyens dont dispose les gouvernements, surtout pas au Québec en 2009! Les églises se vides et les budgets fondent! Le fonds de charité est tombé dans le rouge cette année jusqu'à ce que le Club des petits déjeuner prenne le relais du breakfast club de la Mission et l'église doit couper dans ses projets parce que son budget global diminue en même temps que l'achalandage du dimanche matin. Bilan de l'an dernier: 8 baptêmes et 33 funérailles! Ça en dit long sur le vieillissement de la congrégation, d'autant plus que c'est rendu un running gag que les familles qui viennent faire baptiser un enfants, on ne les revoient que quand ils viennent en faire baptiser un deuxième ou un troisième! La communauté n'est pas aveugle et s'inquiète du phénomène... Beaucoup disent qu'il faut sortir des murs et aller où les gens sont... Sauf que dans le processus, ils oublient de collecter des dons. C'est presque une hérésie de le dire, mais il nous faut du monde dans les bancs pour amasser des sous pour avoir les moyens d'aller "là où sont les gens" et faire la job que les gouvernements ne font plus! Quand on ose le dire, on se fait répondre qu'on n'est pas là pour l'argent, mais pour suivre le Christ et répandre la Bonne Nouvelle... C'est bien joli, mais si on veut vraiment aider son prochain, une structure avec des fonds pour la soutenir, ça aide beaucoup! Ces temps-ci, j'ai l'impression que ma communauté pêche par wishful thinking, puis je lis les évangiles et je rencontre le passage qui dit: "Regardez les oiseaux du ciel: Ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une seule coudée à la durée de sa vie? Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Observez comment croissent les lis des champs: Ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs qui existe aujourd'hui et demain sera jetée au four, ne vous (vêtira-t-il) pas à plus forte raison, gens de peu de foi?" (Mt 6.26-30, Nouvelle version Segond révisée) et j'ai l'impression que c'est moi qui pêche par manque de foi.
samedi 5 septembre 2009
Encore un bon film de guerre
Je viens tout juste de voir Waltz With Bashir. C'est un véritable chef d'oeuvre! Comment ne pas être frappé par l'absurdité de la guerre en voyant un film comme celui-là? (En fait, il n'existe pas d'autre film comme celui-là! Un documentaire animé, il paraît que ça ne s'est jamais fait avant. Si on m'a mal informée et que ça s'est déjà fait, je me demande si ça s'est fait avec autant de grâce et d'émotion que Walts With Bashir.) J'ai la tête pleine. On dirait que j'ai plein de choses à dire, mais je suis sans voix. Pourquoi je mets ça sur mon blogue anarchiste chrétien? Bien entendu, en tant qu'anarchiste, il est de mon devoir de dénoncer l'absurdité de la guerre, mais il n'y a pas que ça. En tant que Chrétienne, deux scènes de ce films m'ont particulièrement marquées.
Un homme raconte les tortures que les phalangiste chrétiens ont fait subir aux réfugiés palestiniens et il explique que les tortionnaires gravaient des croix sur le torse de leurs victimes. On voit les palestiniens dans des camions, croix ensanglanté sur la poitrine. Comment peut-on faire une chose pareille au nom du Christ? J'ai toujours trouvé absurde l'utilisation d'arguments religieux dans les guerres entre Chrétiens, Juifs et Musulmans. Come on! On a le même Dieu! Quelque part, on est tous frères et soeurs.
L'autre scène qui m'a marquée, c'est celle où on voit les soldats israéliens avancer dans une orangeraie. Tout est fait pour qu'on trouve ça beau... La musique, l'éclairage... Même l'effet de ralenti quand ils se font tirer une roquette en pleine gueule par un enfant palestinien. J'ai ressenti la même chose que quand j'ai vu les magnifiques paysages du Ruanda dans Un Dimanche à Kigali ou les terrains minés du Liban dans Littoral. Je suis frappée par le contraste entre la beauté de la Création divine et l'horreur de la destruction humaine. S'il n'y avait pas là des gens qui s'entre-tuent, on voudrait s'asseoir sous un arbre et profiter du beau temps. Si on ne risquait pas d'exploser, on voudrait aller gambader là-bas, on voudrait jouer au Frisbee dans cette grande clairière, on voudrait dévaler cette colline en courant!
Un homme raconte les tortures que les phalangiste chrétiens ont fait subir aux réfugiés palestiniens et il explique que les tortionnaires gravaient des croix sur le torse de leurs victimes. On voit les palestiniens dans des camions, croix ensanglanté sur la poitrine. Comment peut-on faire une chose pareille au nom du Christ? J'ai toujours trouvé absurde l'utilisation d'arguments religieux dans les guerres entre Chrétiens, Juifs et Musulmans. Come on! On a le même Dieu! Quelque part, on est tous frères et soeurs.
L'autre scène qui m'a marquée, c'est celle où on voit les soldats israéliens avancer dans une orangeraie. Tout est fait pour qu'on trouve ça beau... La musique, l'éclairage... Même l'effet de ralenti quand ils se font tirer une roquette en pleine gueule par un enfant palestinien. J'ai ressenti la même chose que quand j'ai vu les magnifiques paysages du Ruanda dans Un Dimanche à Kigali ou les terrains minés du Liban dans Littoral. Je suis frappée par le contraste entre la beauté de la Création divine et l'horreur de la destruction humaine. S'il n'y avait pas là des gens qui s'entre-tuent, on voudrait s'asseoir sous un arbre et profiter du beau temps. Si on ne risquait pas d'exploser, on voudrait aller gambader là-bas, on voudrait jouer au Frisbee dans cette grande clairière, on voudrait dévaler cette colline en courant!
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