Un blog anarchiste chrétien

Bien entendu, une société anarcho-chrétienne est tout autant une utopie que n'importe quelle société anarchiste! Ça ne peut fonctionner qu'en très petites communautés et ça ne peut pas menacer sérieusement le système capitaliste sous peine d'être immédiatement écrasé par ce dernier. Mais outre la beauté de l'utopie, l'anarchisme chrétien possède une beauté pratique incomparable! Il ne s'agit pas que d'une façon d'organiser la société. En fait il s'agit principalement d'une façon d'organiser sa propre pensée, de modifier son attitude.

Pour plus d'informations sur ma vision de l'anarchisme chrétien, cherchez "Pourquoi l'anarchisme chrétien?" dans les archives de ce blogue (novembre 2008).

lundi 22 août 2011

L'Église Unie a besoin d'aide en français

Récemment, je suis allée à un événement intitulé "Rendez-Vous 2011" organisé par l'Église Unie du Canada au niveau national. C'était comme un forum jeunesse géant, avec des jeunes venus de partout au Canada, des conférences, des ateliers, des activités sociales, du service communautaire et de la musique en masse!


J'y suis allée en tant qu'animatrice du groupe de jeunes de SouthWest avec un de mes jeunes et d'autres groupes de jeunes du Québec. J'ai vraiment adoré ça et les jeunes aussi! C'était une expérience vraiment unique! Les jeunes ne tarissent pas d'éloges pour Rendez-Vous sur la page Facebook de l'événement.

Le constat
Avant de partir, une amie m'a donné une autre mission: celle d'être les yeux et les oreilles des francophones à Rendez-Vous. Tristement, je dois dire que l'événement n'avais de français à peu près que le nom. Toute l'information qui était distribuée par écrit était en anglais seulement, ainsi que les annonces projetées dans l'auditorium.

Quelques instructions ont été données verbalement en français au début du tout premier grand rassemblement. Malheureusement, l'annonce était quasiment incompréhensible.



Je n'avais pas vraiment besoin de la traduction simultanée, puisque je comprends très bien l'anglais, mais j'ai décidé de l'essayer quand même, pour avoir une idée de la qualité de la traduction. J'ai écouté toute l'allocution de Mardi Tindal avec la traduction simultanée. C'est certain que c'est toujours un peu achalant, une traduction simultanée, mais c'était fait de façon assez professionnelle, un peu comme ce qu'on peu entendre à Radio Canada. Seul petit hic, plutôt que de traduire le mot "Gospel" par "Évangile", il était traduit par "Gospèle", si bien que pendant l'allocution de Rodger Nishioka, j'ai abandonné la traduction simultanée, parce que je me demandais toujours si on parlait vraiment de presbytériens ou de consistoire (qui se dit presbytery en anglais). Dans les jours qui ont suivis, j'ai demandé aux unilingues francophones ce qu'ils pensaient de la traduction simultanée et on m'a dit que la qualité était très inégale d'un traducteur à l'autre. Il y en avait un des deux qui avait beaucoup de mal à suivre, si bien que pendant l'allocution de Shane Claiborne, tout ce que les francophones ont entendu, c'est "euh, euh, euh... " avec un mot de temps à autre, alors ils n'ont riens compris!

La salle des ressources était aussi très inégale (à gauche: les ressources en anglais, à droite: LA ressource en français).










Puisque je n'en ai pas besoin et qu'il n'y avait pas d'autres francophones dans les ateliers auxquels j'ai assisté, je n'ai pas demandé de traduction. En sortant du premier atelier, je croise un jeune francophone: "Comment c'était ton atelier?
- C'était tout en anglais, j'ai rien compris!
- Y'avait pas de traduction disponible?
- Non."

Le lendemain, lors de ma journée de service communautaire, j'ai demandé à celle qui guidait mon groupe à travers Toronto si elle pouvait répéter ses instructions en français pour une jeune francophone de notre groupe qui ne comprenait pas l'anglais, mais notre guide ne parlait pas suffisamment français, alors j'ai assuré la traduction. À notre arrivée sur le site, aucun de nos hôtes ne parlaient français non plus. À la fin d'un long exposé sur les problèmes de reboisement à Toronto, j'ai fait un rapide résumé à la francophone de mon groupe. Je dois admettre que je l'avais un peu oubliée, puisqu'elle était assise loin de moi.


Un certain effort a été fait en musique. Durant la performance du groupe rEvolve, le refrain des chansons était parfois affiché en français, mais sans nécessairement toujours être chanté. Aucun couplet n'a été chanté en français non plus. Lors de la deuxième journée, une grosse faute de français est apparue sur l'écran pendant une chanson de rEvolve ("en le quell je me confie").




Il m'a semblé qu'une simple révision du texte par un ou une francophone avant de l'afficher aurait pu facilement éviter cette erreur.

Espoir et ouverture

Après l'un des grand rassemblement, je suis allée prendre une photo de Mardi Tindal avec une jeune fille du groupe Québécois qui lui avait eu le courage de se lever devant 500 personnes pour lui poser une question. (Pour ceux et celles qui ne sont pas familiers avec l'Église Unie, Mardi Tindal, c'est la modératrice de l'Église, un peu l'équivalent d'un pape si on veut, mais elle n'est pas réputée infaillible, n'exerce pas un pouvoir dictatorial et n'est pas nommée à vie non plus.) Je l'ai interpellée par son prénom pour prendre la photo, puis je lui ai dit que j'avais l'impression de la connaître déjà un peu, puisque je suivais ses publications sur caféchange. Elle a paru embarrassée et m'a dit en français qu'elle aimerait publier plus de textes et de vidéos en français sur caféchange, mais que son français n'était pas assez bon. Elle m'a raconté qu'elle s'était inscrite à un programme d'immersion en français offert par l'Église Unie, mais que le programme avait été annulé cette année, faute de participants. Je l'ai invitée à venir passer quelques semaines à Montréal l'été prochain. Je lui ai dit: "Vous voulez apprendre le français; nous parlons français, il doit bien y avoir moyen de s'arranger!"

La veille du départ pour Montréal, je suis allée au bureau d'information pour leur demander d'annoncer le point de rendez-vous du groupe de Montréal le lendemain matin. J'ai demandé à ce que l'annonce soit faite dans les deux langues. La co-animatrice a semblé embarrassée et m'a dit que son français n'était pas très bon et que son co-animateur avait peur de parler français, parce qu'il a un gros accent. Finalement, c'est le co-animateur qui a fait l'annonce le lendemain matin. Il a pris une grande respiration et a lu la phrase que j'avais écrite la veille. J'ai constaté qu'il s'agissait de la même voix à l'accent incompréhensible que j'avais entendue le tout premier jour (voir vidéo tout noir un peu plus haut). J'ai réalisé à quel point ça représentait un défi pour lui de parler français.

Toute la fin de semaine, quand la question du français était soulevée, j'ai vu et entendu des anglophones honteux, confus, embarrassés, qui auraient voulu en faire plus et qui déploraient leur manque de ressources en français ou la piètre qualité de leur propre français.


Si moi, une francophone, j'ai oublié de faire la traduction pendant le discours de notre hôte à la journée de service communautaire, je peux comprendre que les anglophones puissent en échapper des boûts et ne pas toujours être conscients des besoins des francophones. Ils cherchent, ils essaient, mais ils ont besoin de notre aide, nous les francophones. Moins il y a de services pour les francophones, moins il y a de francophones dans l'Église et moins il y a de francophones dans l'Église, moins il y a de services pour eux. C'est un cercle vicieux! Engageons un cercle vertueux! Tendons la main aux anglophones et offrons leur notre aide! L'Église Unie du Canada est un joyaux trop souvent caché par la barrière de la langue!

Le plus bel espoir que j'ai vu de toute la fin de semaine vient des jeunes de la délégation du Québec. Beaucoup de jeunes anglophones étaient bilingues et ont pratiqué leur français avec les jeunes francophones tout en tissant des liens d'amitié!

Je profite de cet article pour mentionner que beaucoup de mes jeunes (anglophones) ont de la difficulté en français ET sont intéressés par des ateliers de conversation pour pratiquer leur langue seconde. S'il y en a parmi vous qui êtes intéressés à donner de votre temps pour aider mes jeunes à apprendre le français, s'il vous plaît, laissez un commentaire à la fin de ce message ou envoyez un courriel à egliseunielapasserelle@gmail.com.

2 commentaires:

engagé a dit…

Amen
Chez-nous dans l'Église presbytérienne la manque de ressources est aussi systémique.
J'espère que nous pourrions y travailler ensemble.
Vous êtes invité de ma part à l'ordination de Richard Bonetto dimanche le 11 septembre à 15h à l'Église presbytérienne St-Luc. Il sera pasteur-missionnaire de l'Église presbytérienne du Canada.
Veillez-svp confirmer

Ursus Arctos Horribilis a dit…

Merci pour l'invitation! Malheureusement, je ne pourrai pas y être.

Le monde est petit... Surtout le monde Chrétien de Montréal! Je connais quelqu'un qui va a St-Luc et quelqu'un qui en a déjà été le pasteur.